Quel vin avec
le sanglier ?
Le sanglier est une viande maigre, ferme, au goût nettement plus marqué que le porc, et c'est souvent la marinade et la longue cuisson qui décident du vin autant que la viande elle-même. Un civet mijoté trois heures et un filet de marcassin rôti rosé n'appellent pas du tout le même verre.
de chasse
Le calendrier de la sanglier
4 accords pour le sanglier
Du Malbec de Cahors à la Mondeuse de Savoie, en passant par la garrigue languedocienne et la Syrah du Rhône nord : quatre rouges de structures différentes, choisis selon la puissance de la préparation plutôt que selon la seule viande.
Le Malbec de Cahors, appelé localement Côt, donne des vins de robe profonde, aux tannins présents mais mûrs, sur la prune, la violette et le cacao. Ces notes cacaotées font écho au fond de sauce du civet, et sa structure résiste à la longue cuisson. C'est aussi un accord de proximité : le Sud-Ouest est une terre de chasse autant que de Malbec.
Prenez une cuvée d'entrée ou de milieu de gamme, pas les versions les plus extraites, et servez à 16–17°C après une heure de carafe. Alternatives : Marcillac, Fronton, Buzet, ou un Costières de Nîmes.
Fiche appellation Cahors → Cépage Malbec →
L'assemblage Carignan, Syrah, Grenache et Mourvèdre donne des vins chaleureux, épicés, aux tannins fermes mais enrobés. Ils prennent l'avantage sur une préparation grillée ou rôtie, où la sauce ne domine plus et où les arômes de la viande passent au premier plan.
À servir à 16°C. Les vieilles vignes de Carignan, longtemps méprisées, sont aujourd'hui les cuvées les plus intéressantes de l'appellation. Alternatives : Saint-Chinian, Minervois, Faugères, Côtes du Roussillon Villages.
Fiche appellation Corbières → Cépage Carignan →
Le Cornas, seul cru du Rhône nord entièrement en Syrah, pousse sur des terrasses de granite qui donnent des vins denses mais tendus, sur le poivre noir, l'olive, la violette et la viande fumée. Ces arômes de gibier, que les dégustateurs appellent animaux, sont naturellement présents dans la Syrah du Nord et se prolongent dans l'assiette. Les tannins, serrés dans la jeunesse, demandent quelques années pour se fondre.
À servir à 16–17°C, carafé une heure. Un millésime de six à douze ans est plus juste qu'un vin récent. Alternatives : Saint-Joseph, Crozes-Hermitage de coteau, Hermitage rouge pour monter encore d'un cran.
Fiche appellation Cornas → Cépage Syrah →
de Savoie
Ce cépage savoyard, cultivé surtout autour d'Arbin et de Chignin, donne des rouges à la robe sombre mais au corps svelte : poivre, framboise, violette, tannins fins et acidité marquée. Cette tension nettoie le palais entre deux bouchées, là où un vin chaleureux s'accumule. Elle fonctionne particulièrement bien sur les préparations aux fruits, airelles ou airelles rouges, courantes en montagne avec le gibier.
À servir frais, 14–15°C. Les cuvées d'Arbin sont les plus structurées. Dans le même esprit ailleurs : Trousseau du Jura, Pineau d'Aunis de Loire, ou un Poulsard sur une préparation plus légère.
Fiche appellation Vin de Savoie → Cépage Mondeuse →
Où trouver et comment choisir votre sanglier
Pourquoi le sanglier demande de la structure
Deux caractéristiques orientent l'accord. D'abord une chair très maigre : moins de 3 % de matière grasse, soit trois fois moins que le porc. Or c'est le gras qui, en enrobant le palais, adoucit les tannins d'un vin. Sans lui, un rouge dur le reste, ce qui explique qu'on serve le sanglier avec des sauces riches, du lard ou du beurre.
Ensuite un goût prononcé, hérité de son alimentation sauvage, que renforcent encore la marinade et la longue cuisson. Un rouge discret disparaît derrière. Il faut donc un vin qui ait de l'intensité aromatique, mais dont les tannins soient mûrs et non végétaux. C'est la ligne des quatre accords proposés ici, du plus charpenté au plus tendu.
Les erreurs à éviter
Le rouge léger et fruité. Beaujolais nouveau, Gamay de Touraine, Pinot Noir d'entrée de gamme : ils sont balayés par la sauce du civet. Ils ne reviennent en jeu que sur un marcassin rôti sans sauce.
Le rouge jeune très boisé. Le bois neuf ajoute de l'amertume à une viande qui en a déjà, surtout si la sauce est liée au sang. Préférer un vin de quelques années, dont l'élevage s'est fondu.
Le vin trop chaud en alcool. Au-delà de 15 degrés, sur un plat mijoté et gras, la sensation de chaleur devient envahissante dès le deuxième verre. La fraîcheur compte autant que la puissance.
Le blanc, sauf exception. Il ne tient pas sur un civet. En revanche, sur une terrine de sanglier à l'apéritif, un blanc ample et sec du Jura ou de Savoie fonctionne très bien.
Civet, rôti, terrine, marcassin : quel vin pour quelle préparation ?
Civet, daube, sauce liée au sang ou au chocolat. Cahors, Madiran, Châteauneuf-du-Pape, Corbières-Boutenac.
Rôti aux herbes, épaule, gigue sans sauce. Corbières, Saint-Chinian, Minervois, Côtes du Rhône villages.
Marcassin servi rosé, sauce poivrade. Cornas, Saint-Joseph, ou un Bordeaux d'une quinzaine d'années.
Préparations aux fruits (airelles, coings, poires pochées). Mondeuse de Savoie, Trousseau du Jura, Pineau d'Aunis.
Terrine et pâté de sanglier. Un rouge léger servi frais, ou un blanc sec et ample : Savagnin ouillé, Roussette de Savoie, Chignin-Bergeron.